Interopérabilité biomédicale : quand l’intégration automatique des données de santé dans le DPI permet d’affronter une crise sanitaire

Comme toutes les structures hospitalières du pays, le CH de Chalon-sur-Saône, établissement pivot du GHT Saône-Et-Loire Bresse Morvan, a dû affronter la pandémie du virus COVID-19. Avec une intégration automatique des données de santé dans le DPI et en quelques jours, le centre hospitalier a dû doubler sa capacité de lits de réanimation passant de 16 à 32 lits, dont 24 exclusivement liés, aux cas de COVID-19.

Bien avant cette crise, le service de réanimation de la structure avait décidé d’opter pour la solution ENOVACOM Patient Connect dans le but de connecter ses appareils biomédicaux à son système informatique. « Nous avions l’objectif d’externaliser notre gestion des alarmes en dehors des chambres. Nous avons sauté sur l’occasion de préparer l’avenir en choisissant un outil capable de centraliser toutes les données du patient et les alertes au sein d’un même espace », rappelle Alexandre Benoist, ingénieur clinique du CH de Chalon-sur-Saône.

Une collaboration sans faille

Pour rendre possible cette transformation, l’établissement de santé a pu compter sur les équipes d’Enovacom. « La collaboration avec les techniciens d’Enovacom a concerné tous les services. Nous avons commencé à équiper les services de soins intensifs pédiatriques et adultes, puis le service de cardiologie et la maternité pour finalement généraliser les outils à toutes les unités de l’hôpital. Pour rendre cela possible, la coopération ne peut pas aller que dans un sens. Nous avons développé un réel partenariat entre nos deux entités, pour co-construire les solutions et les adapter à nos besoins ».

Ce projet commun, initié en 2014, est animé par des valeurs humaines partagées, à savoir : la confiance, la franchise, le respect de l’autre, la recherche d’innovation et enfin la réactivité.

En effet, grâce à la connaissance des infrastructures et du parc, la mise en place de l’extension a été grandement facilitée. Pour répondre à la problématique du confinement, les équipes projet Enovacom ont réalisé, à distance, le paramétrage et les modifications nécessaires de la solution, et ce, en 24 heures seulement.

« L’alerte sanitaire nous a été communiquée le 16 mars. Nous avons commencé à aménager notre service de réanimation durant la semaine en installant des moniteurs, ventilateurs et colonnes de perfusions supplémentaires. Finalement, nous avons été opérationnels rapidement, même s’il a été plus difficile de trouver les appareils que de les connecter », ironise M. Benoist.

La solution d’interopérabilité a permis au service biomédical de préparer en un temps record les nouveaux lits du service de soins intensifs. « Notre objectif était de simplifier le plus possible les conditions de travail pour que les soignants soient concentrés au maximum sur leurs patients ».

L’interopérabilité apporte de la sécurité à tous les acteurs de l’hôpital

« Cet outil numérique a modifié les habitudes des équipes soignantes. Nous avons fait évoluer notre procédure d’admission. Aujourd’hui, les infirmières doivent raccorder les appareils au lit du patient pour collecter les données des machines. Elles doivent également gagner en vigilance, puisque lorsque le patient quitte sa chambre, il faut penser à déconnecter l’appareil correspondant », souligne Virginie Durand soignante et référente informatique du service réanimation.

Grâce à ce nouvel outil, ce service de l’hôpital garantit une identification et une réalisation fiable du dossier médical. « L’installation de la solution nous a demandé un peu d’entraînement pour se familiariser avec la procédure, mais les bénéfices sont si nombreux que le jeu en vaut la chandelle », précise-t-elle.

En remontant de manière automatique les données des appareils biomédicaux dans le SIH, les équipes soignantes ont réduit les risques d’erreurs liés à la retranscription manuelle. De plus, toutes les alarmes des équipements sont centralisées sur un même écran, ce qui permet d’éviter les allers-retours entre les chambres et le bureau de l’infirmière. « Grâce à ce dispositif, nous avons créé un environnement sécuritaire pour les professionnels de santé et nos patients », assure-t-elle.

Pendant la crise du COVID-19, la relève automatique des données a évité aux soignants, les contacts et l’utilisation de masques et de surblouse, car il n’y avait pas besoin de se rendre dans les chambres.

Chaque patient atteint par le virus représente une charge de travail significative. Grâce à la plateforme d’interopérabilité, le personnel a pu gérer de nombreuses actions à distance, sans rentrer dans les chambres du service.

« Notre objectif durant la crise sanitaire était de transformer notre environnement de travail, sans impacter la qualité et la sécurité des soins. Le système devait être capable de se transformer facilement sans ajouter de contraintes au personnel soignant », détaille Stéphane Kirche, Directeur Ingénieur biomédical.

« Avant l’arrivée de cette solution, les alarmes des ventilateurs étaient uniquement visibles depuis le lit du patient. Nous devions laisser les portes des chambres ouvertes pour l’entendre. Nous devons à présent faire confiance en la technologie. De prime abord, c’est un peu déstabilisant, mais on gagne en sécurité puisque dans le cas du COVID-19, les risques de contamination sont réduits », conclut Alexandre Benoist.

Vous souhaitez en savoir plus sur le projet à Chalon-sur-Saône ? Découvrez le case study exclusif contenant l’interview de 2 des membres clés du projet : Alexandre Benoist et Stéphane Kirche.