Entrepôt de données de santé : quels acteurs sont concernés et impactés par ce projet ?

L’entrepôt de données de santé, bien que facilitant le stockage et le partage des informations au niveau régional, peut couvrir un champ plus élargi. C’est pourquoi les usages de cet outil indépendant de la logique industrielle concernent l’ensemble des acteurs du parcours de soins.
L’entrepôt de données de santé représente aujourd’hui la solution idoine pour le stockage et le partage simple et ouvert des données de Santé. Et ses usages sont potentiellement très étendus en termes de profils d’utilisateurs.

Un outil indépendant de la logique industrielle pour les GHT

Toute structure souhaitant partager des données de Santé est typiquement susceptible d’utiliser un entrepôt de données de santé. Dans les usages pratiques, on distingue trois groupes importants d’utilisateurs potentiels. Les GHT font évidemment partie de ce segment de marché, les responsables de leur pilotage ayant d’ailleurs bien compris les avantages de ce concept, principalement à cause de sa spécificité de plateforme neutre. Cette caractéristique relève en effet de son indépendance à la logique d’un industriel donné, du fait qu’il est normé pour répondre à tous les standards du marché. Par opposition, un DPI ne répond pas automatiquement aux standards de stockage et d’accès, ce qui pose des problèmes notamment lorsque l’on souhaite faire passer des informations médicales d’une solution à une autre.

Plateformes régionales, recherche et assurances publiques ou privées

Les plateformes régionales, portées par les plateformes de suivi des parcours de soins de type PAERPA ou de télémédecine, entrent également dans l’écosystème avec un périmètre beaucoup plus large. Le troisième cercle d’utilisateurs est à identifier dans le secteur de la recherche, dans le domaine universitaire tout d’abord, autour des CHU, mais il peut s’étendre au niveau national, le projet Health Data Hub du Ministère des Solidarités et de la Santé ou la plateforme Dream IA, qui mutualise les données relatives à l’imagerie médicale au niveau national afin de créer un écosystème d’intelligence artificielle sur ce champ, en sont deux exemples parlants.

Ce marché met aux prises les fournisseurs de soins, les providers, et les assurances, publiques ou privées qui sont les payeurs. Et ceci n’est pas une spécificité française. En Grande-Bretagne, le système est à peu près équivalent, avec un agglomérat d’hôpitaux et des plateformes régionales qui regroupent les fournisseurs de soins. Aux Etats-Unis, les processus de stockage et de partage des données de Santé sont souvent plus fragmentés, les assurances privées étant, la plupart du temps, à l’initiative de ces projets.

 

L’ensemble des acteurs du parcours de soins concernés

Une multitude d’acteurs du système sanitaire sont donc susceptible d’alimenter un entrepôt de données de santé. Au sein du GHT, les médecins et soignants, les professionnels de l’imagerie médicale, de la biologie ou du PMSI, mais aussi les appareils biomédicaux entrent dans cette catégorie. Au niveau du GCS e-santé, ces acteurs et modalités sont rejoints par les professionnels participant aux Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP), exerçant en établissements médico-sociaux ou en médecine de ville, ainsi que le patient lui-même. Ajoutons à cela d’autres sources potentielles comme les dispositifs médicaux à domicile de monitoring ou de surveillance, les solutions de collaboration et de planification des intervenants au domicile du patient, les référentiels liés à l’offre de soins régionale comme le ROR ou les données statistiques relatives aux activités des services d’urgences (RPU).

 

Un rôle dans la consultation des données ainsi que dans l’alimentation de l’entrepôt

On identifie ainsi trois grandes catégories d’utilisateurs de ces entrepôts de données de santé. Les personnels hospitaliers tout d’abord, qui peuvent ainsi, dans leurs pratiques, utiliser une seule application pour la gestion de l’ensemble de leurs informations, ce qui leur fait gagner en qualité de contenu, notamment en évitant les redondances, et en temps de traitement. Ils jouent ainsi un rôle dans la consultation des données de Santé, mais également, via le DPI, dans l’alimentation de l’entrepôt. Les médecins chercheurs ensuite, qui, dans le cadre des RCP par exemple, disposent désormais d’un authentique outil de travail en équipe qui facilite le recueil des données de Santé, l’accès à l’historique du patient et leur permet de publier largement, au sein de leur communauté, les comptes rendus de ces RCP. Les start-ups enfin, qui sont demandeuses de Big Datas de Santé pour créer des applications ou entraîner des algorithmes et qui considèrent les entrepôts de données comme des interfaces assez simples et assez ouvertes pour les aider dans leurs activités.

L’entrepôt de données de santé devrait donc, dans un avenir proche, devenir le point de convergence de tous les acteurs de la prise en charge du patient, de la recherche et des développeurs d’applications de Santé.