Le serveur d’identités patient au service de l’identitovigilance

Le serveur d’identités patient au service de l’identitovigilance

Les problèmes d’identitovigilance dans les établissements de Santé ne sont pas encore totalement résolus. Et aujourd’hui, la mutualisation des données dans les GHT doit se faire sur la base d’identités rapprochées, alors que la gestion des identités n’est pas homogène dans chaque établissement. S’appuyer sur un serveur d’identités patient centralisé serait-elle la solution ?

Depuis que les systèmes d’information ont été introduits dans les établissements de Santé, soit plus de 35 ans selon les témoignages des plus anciens, les challenges autour de l’identito-vigilance concernant le patient n’ont cessé d’apparaître.

Les doublons, première cause des risques liés à l’identitovigilance

Pour qu’un parcours de soins soit de qualité, il est essentiel que les bons diagnostics et traitements soient administrés aux bonnes personnes. Néanmoins, une enquête réalisée sur les données régionales de 2014 par le Groupe Régional d’Identito-Vigilance des Établissements de Santé (GRIVES) en PACA montre en effet que 0,76% des passages dans les établissements répondants font l’objet du dépistage de doublons et que 0,79% des enregistrements à l’accueil des patients ont créé des doublons. Les tutelles ont, depuis longtemps, déclenché une vaste opération de sensibilisation des professionnels hospitaliers et la Haute Autorité de santé a érigé l’identitovigilance en pratique exigible prioritaire (PEP) dans le cadre de la V2010 de la procédure de certification des établissements de santé.

Agir sur l’ensemble des déterminants constitutifs de l’identité de la personne

L’identitovigilance consiste à agir sur les déterminants susceptibles de créer des erreurs ou incohérences, qui peuvent tout d’abord concerner ce que l’on nomme les traits stricts, relatifs au nom de naissance, prénom, date et lieu de naissance et sexe du patient. On peut également considérer les traits étendus, susceptibles d’être modifiés dans le temps. On sait par exemple que le nom usuel peut changer lors d’un mariage ou d’un divorce notamment. Sont également classés dans cette rubrique l’identifiant permanent patient (IPP) propre à chaque établissement ainsi que le Numéro d’Identification de Répertoire (NIR). Enfin, les traits complémentaires couvent toute autre information pouvant singulariser chaque personne.

L’identitovigilance de Santé vu du GHT

Depuis la constitution des GHT, il est nécessaire dans le cadre de la mutualisation des données de Santé au sein du territoire, de faire coïncider des identifiants différents, les multiples d’IPP locaux.

Les cellules d’identitovigilance et les gestionnaires administratifs doivent donc trouver une solution pour rapprocher les identités patient provenant de structures de santé différentes. C’est la raison pour laquelle sont mises en place aujourd’hui des solutions de serveur d’identité patient centralisés, ou Enterprise Management Patient Index (EMPI) qui permettent de rapprocher des identités au sein d’un territoire de soins. Ainsi, techniquement, tous les producteurs d’informations médicales doivent transférer les identités vers le serveur d’identités partagé du GHT afin que s’opèrent les rapprochements automatiquement. À chaque fois qu’une identité est créée, le serveur fait une comparaison en s’appuyant sur différents algorithmes, entre celle-ci et un identifiant connu, selon les traits stricts, secondaires ou complémentaires. Si le doute persiste, l’ajustement peut alors se faire manuellement. Le serveur gère, d’autre part, les alertes ainsi que tout le workflow des identités créées.

Même si la technologie ne pourra pas supprimer en totalité l’action humaine, cette dernière permet clairement d’accélerer la mise en place d’une stratégie d’identitovigilance efficace.

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