livre blanc e-santÉ dÉcouvrez le volume 4

Le patient et ses données au cœur du parcours de soins

Livre Blanc e-santé

VOLUME 4 

Zoom sur des projets exemplaires

AU SOMMAIRE DE CE QUATRIEME VOLUME 

1. Priorité aux résultats d’examens biologiques

2. Des relations ville-hôpital renforcées

3. Le lien hôpital-patient consolidé

4. Un annuaire régional, service indispensable à la coordination

5. GHT d’Armor : une vision unique du Patient

6. Grand Ouest : une plateforme d’intégration de données pour la recherche

7. Québec : simplification et garantie d’évolution d’un SI territorial unifié

1. Priorité aux résultats d’examens biologiques

Développer le partage dans le domaine de la biologie médicale répond à des besoins prioritaires des professionnels de santé. 60 à 70 % des diagnostics dépendent en effet des résultats des examens biologiques, proportion qui peut s’élever, selon l’Anap, jusqu’à 80 % en milieu hospitalier. Or la rupture de la chaîne d’information entre tous les intervenants qui participent au diagnostic et à la prise en charge reste fréquente : soit les résultats continuent de circuler au format papier et doivent être scannés, soit ils sont informatisés mais difficilement lisibles et mal intégrés dans les logiciels des destinataires, par défaut de structuration et/ou standardisation.

Le projet Albiom (Alsace biologie médicale) a démarré en 2013

L’objectif? Offrir aux médecins le moyen de visualiser les résultats structurés des examens biologiques qu’ils prescrivent, de façon homogène et ergonomique (navigation intuitive, valeurs et graphiques lisibles, historique …), ceci quel que soit leur laboratoire d’origine.
Le Groupement de Coopération Sanitaire Alsace e-santé a choisi, à l’époque, de faire reposer le projet sur les avancées de la région en matière de déploiement du dossier médical partagé (DMP) et de s’appuyer sur les référentiels mis à disposition par l’ASIP Santé (CDA R2, LOINC, cf chap V). La mise en oeuvre de prototypes a permis de valider l’adhésion des divers acteurs de santé au projet et de démarrer sa généralisation dans la région.
Début 2017, près de 70 laboratoires alsaciens avaient déposé plus de 30 000 comptes rendus de biologie dans près de 8 000 DMP, ces résultats représentant alors 45% des documents disponibles dans ces dossiers partagés. Les travaux engagés dans le contexte d’Albiom ont permis d’ouvrir d’autres perspectives. Ce d’autant plus que le décret biologie de 201633 a contraint les laboratoires à structurer leurs comptes rendus et utiliser la MSSanté, d’ici à 2020.
Plus récemment, un coup d’accélérateur à la réception de comptes rendus structurés d’examens de biologie a été donné avec le programme Terr-eSanté (Territoire de soins numérique en Ile-de-France). Les comptes rendus sont échangés via la plateforme d’interopérabilité d’Enovacom qui fait fonction de « traducteur » si nécessaire (par exemple transformation du format HPRIM en CDA R2 N3 et intégration de la codification LOINC dans les fichiers). Elle référence les divers acteurs et les formats de communication employés ; elle peut ainsi se charger de transmettre le document au bon destinataire et au format attendu par celui-ci. Il est envoyé via la MSSanté et alimente le DMP, ainsi qu’un serveur de résultats accessible par le patient.

Au printemps 2018,
près de 300 professionnels étaient engagés dans Terr-eSanté. Le projet, qui couvre un territoire de 370 000 habitants au nord-ouest du Val-de-Marne et à l’ouest du XIIIe arrondissement de Paris, va maintenant être étendu – suite à l’appel à projets e-parcours – à 500 000 Franciliens supplémentaires.
En outre, ce chantier contribue à la progression d’autres régions sur ce même domaine.

Anne Doly, administratrice de la SFIL

« Créée en 1985, la Société française d’Informatique de Laboratoire (SFIL) regroupe des biologistes privés et hospitaliers et des industriels afin de promouvoir le développement et l’évolution des logiciels de laboratoires de biologie médicale, et de favoriser les échanges entre tous les partenaires concernés. Elle rassemble plusieurs groupes de travail autour de sujets tels que les objets connectés en biologie, le RGPD, LOINC (cf page 51), etc.
Dans la perspective des groupements hospitaliers de territoire, les changements concernant l’organisation de la biologie médicale sont nombreux. Si l’on porte par exemple l’attention sur la récupération des résultats de biologie de ville par un établissement du GHT, elle nécessite :
– une prescription hospitalière identifiant patient et prescripteur sans
aucune ambiguïté,
– un serveur de résultats et une organisation des paramédicaux vérifiant la
présence des résultats informatisés au niveau du DPI (si ces deux
conditions ne sont pas remplies, le laboratoire utilisera le fax de
l’établissement comme une imprimante délocalisée),
-en admettant que ces conditions soient remplies, l’abandon de Hprim au
profit d’HL7 constitue une étape à valider ; de même, le paramétrage du SGL
(système de gestion de laboratoire) devra être stabilisé afin d’éviter des
envois redondants à l’établissement.
La DSI et chacun des laboratoires auxquels le patient est susceptible de s’adresser ne peuvent négliger le temps à consacrer à ces mises au point… même si les uns méconnaissent encore trop souvent le travail des autres !« 

2. Des relations ville-hôpital renforcées

Dès la mise en oeuvre de la messagerie MSSanté, le CHU de Rouen a noté la satisfaction des médecins de ville qui ont pu, alors, demander des rendez-vous aux secrétaires depuis leur messagerie ou recevoir les comptes rendus d’examens plus rapidement. Le DPI du CHU offre une interface dédiée à ces documents pour des envois en masse très rapides.

A VENIR 

Volume 5 : Pré requis et facteurs de succès pour des systèmes d’information orientés partage