livre blanc e-santÉ dÉcouvrez le volume 2

Le patient et ses données au coeur du parcours de soins

Livre Blanc e-santé

VOLUME 2 

Systèmes d’information de santé : où en est-on en France ?

Le processus de soins est aujourd’hui largement informatisé, en ville comme à l’hôpital : la quasi-totalité des généralistes français utilisent un logiciel pour la gestion de leurs dossiers patients, tandis que le DPI (dossier patient informatisé) est disponible dans quelque six à sept établissements sur dix (et en cours d’implantation dans 30% de plus). Avec le déploiement d’un espace de confiance national qui s’accélère, les bases sont posées pour le partage et l’échange de données de santé dans une logique de parcours.

AU SOMMAIRE DE CE SECOND VOLUME 

1. L’acquisition des données : une explosion !

2. A l’hôpital : des dossiers patients informatisés encore incomplets

3. En ambulatoire : priorité aux échanges

1. L’acquisition des données : une explosion !

Les données de santé sont en croissance exponentielle. Dans le monde, leur volume devrait atteindre 2,3 milliards de gigaoctets d’ici à 2020, si l’on en croit une étude récemment publiée par le LIR7. Une production dopée, entre autres, par la multiplication des sources potentielles : dispositifs médicaux et objets connectés, capteurs domotiques, applications mobiles, logiciels spécialisés, …

Si l’on considère l’Internet des objets (IoMT, ou Internet of medical things), le secteur de la santé fait par exemple figure de pionnier selon une étude internationale diffusée en septembre 20178. Elle révèle que le suivi des patients et la maintenance des équipements sont en tête des domaines d’application de l’IoMT selon quatre professionnels sur dix.

Or, plus les sources se diversifient – accentuant l’hétérogénéité des données -, plus le défi de faire dialoguer les systèmes d’information s’amplifie.

La production de données de santé continue, toutefois, pour l’essentiel, à émaner de la rencontre entre un patient et un professionnel de santé, soit directement, soit indirectement si l’on considère les résultats des examens de biologie et d’imagerie qui contribuent massivement à gonfler le volume global de données.

Les progrès scientifiques annoncent de nouveaux enrichissements, avec le développement de l’analyse du génome notamment. Le plan France Médecine Génomique 2025, qui vise à améliorer les conditions de l’accès au diagnostic génétique dans notre pays, prévoit de produire plusieurs dizaines de pétaoctets10 de données par an d’ici 5 ans.

Nous sommes entrés dans l’ère de la bio-informatique et les technologies dites « omiques » permettent désormais de générer des quantités colossales de données à des niveaux biologiques multiples: « du séquençage des gènes à l’expression des protéines [protéomique] et des structures métaboliques, ces données peuvent couvrir tous les mécanismes impliqués dans les variations qui se produisent dans les réseaux cellulaires, et qui influencent le fonctionnement des systèmes organiques dans leur totalité »

Chaque année, un hôpital produit en données l’équivalent de 20 000 romans

Responsable de la plate-forme Data Science à l’Institut Imagine, à Paris, Nicolas Garcelon indiquait, dans un entretien à Sciences et Avenir en mars 2018, qu’un hôpital produirait à lui seul 10 gigaoctets de données par an, soit 20 000 fois Le Rouge et le Noir, de Stendhal.

« Notre data center abrite aujourd’hui les informations administratives, médicales et sociales de huit millions de patients, 163 millions de résultats d’examens biologiques et 5 millions de comptes rendus médicaux », ajoutait Claire Hassen-Khodja, référente Entrepôt de données de santé à la Délégation à la recherche clinique et à l’innovation de l’AP-HP.

Dans le domaine des soins, l’acquisition des données bénéficie du développement des usages de la reconnaissance vocale (en radiologie, notamment). Mais 40% du temps des professionnels de santé serait encore consacré à documenter les dossiers des patients, plus de la moitié d’entre eux jugeant bien sûr que cette durée reste trop élevée.

La saisie de données non structurées continue de côtoyer largement, dans les dossiers patients informatisés, l’intégration des données codées et standardisées. Aucun établissement, ou cabinet libéral, n’en a vraiment fini avec le papier (ni avec le fax !), les professionnels ou secrétariats consacrant une bonne part de leur activité à scanner des documents venant de l’extérieur s’ils tiennent à ce que leurs propres dossiers informatisés soient le plus exhaustifs possible.

Une étape significative a tout de même été franchie : les conditions dans lesquelles une copie numérique de dossier médical a maintenant même valeur probante que « le document original sur support papier » ont été précisées. En encadrant les conditions de destruction des dossiers médicaux papier, une ordonnance publiée en janvier 2017 a permis de lever un des freins au déploiement de la dématérialisation dans la santé.

2. A l’hôpital : des dossiers patients informatises encore incomplets

Le monde hospitalier figure parmi les premiers producteurs de données de santé. Il a atteint, en France, un taux de maturité numérique de 60 à 70% si l’on s’en tient à l’indicateur du Dossier Patient Informatisé (DPI). L’Atlas des SIH 2018 montre en effet que l’informatisation du DPI est achevée dans quelque 7 établissements sur dix, et précise qu’elle est engagée dans 26% de plus …

A VENIR 

Volume 3 : Parcours patient et coordination
des professionnels en ligne de mire