livre blanc e-santÉ dÉcouvrez le volume 1

Le patient et ses données au coeur du parcours de soins

Livre Blanc e-santé

VOLUME 1 

La transformation nécessaire de notre système de santé

Jusqu’à l’annonce du Plan « Ma santé 2022 », les réformes qui se sont succédées depuis une vingtaine d’années ont peu à peu modifié le système de santé français sans pour autant réussir à l’adapter totalement face aux défis démographiques, sociaux et économiques auxquels il est confronté. Considéré comme un levier d’amélioration, le numérique est de plus en plus largement mobilisé au service de la transformation du système, en France, comme dans le reste de l’Europe. Au Canada, les pouvoirs publics ont commencé à évaluer les gains qui résultent de 20 ans d’investissements dans la numérisation et l’échange de l’information en santé.

AU SOMMAIRE DE CE PREMIER VOLUME 

1. Accélérer le virage numérique en France

2. E-santé en Europe : des défis similaires

3. Canada : les résultats de 20 ans d’investissements

1. ACCÉLÉRER LE VIRAGE NUMÉRIQUE EN FRANCE

Une nouvelle stratégie de transformation a été annoncée par les pouvoirs publics français en février 2018. Elle se traduit par cinq chantiers parmi lesquels figure l’accélération du virage numérique, opération qui conduit le gouvernement à fixer trois objectifs stratégiques à l’horizon 2022 : l’accessibilité en ligne, pour chaque patient, de l’ensemble de ses données médicales, la dématérialisation de l’intégralité des prescriptions, la simplification effective du partage de l’information entre tous les professionnels de santé.

Il s’agit de parachever une évolution entamée dès la loi Kouchner de 2002 (relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé) qui inaugurait une nouvelle ère en consacrant notamment le droit à l’information des patients, leur accès au dossier médical, et plus globalement l’avènement de la démocratie sanitaire.

Chaque réforme est caractérisée par une terminologie spécifique : ainsi, l’accent a été mis, successivement, sur le dossier médical (2002, 2004), le territoire et la coopération
(2009), la médecine de parcours (2016). On y retrouve, au fond, la même préoccupation d’améliorer la façon de prendre les personnes en charge grâce au recueil, au traitement, au partage et à l’échange de l’information pertinente. Une démarche à priori facilitée par la montée en charge des systèmes d’information, tant à l’hôpital que dans l’ensemble du système de santé. Mais nous verrons que, si des progrès incontestables ont été réalisés, il reste à franchir quelques obstacles.

 » Ce que je souhaite, c’est une réforme globale pour adapter notre système de santé.
Je suis venu aujourd’hui enclencher, avec la ministre des Solidarités et de la Santé, le mouvement de transformation qui devra dessiner une vision de notre futur système de santé autour de cinq chantiers : la qualité et la pertinence des soins, les modes de financement et de régulation, le virage numérique, la formation et la qualité de vie au travail des professionnels de santé et enfin l’organisation territoriale des soins. »
Edouard Philippe, Premier ministre,
le 13 février 2018

Les faiblesses des services publics numériques en santé

La Cour des Comptes, dans son rôle de contrôle et d’aiguillon des politiques publiques ne manque d’ailleurs pas d’épingler régulièrement les faiblesses des services publics numériques en santé, qu’il s’agisse des systèmes d’information hospitaliers, du DMP, de la télémédecine ou des téléservices de l’Assurance maladie. Récemment encore, ses rapporteurs ont souligné « des progrès réels mais inégaux ». Après avoir rappelé que « le développement des échanges numériques représente une source de fluidité essentielle des communications entre professionnels de santé et renforce l’efficience des prises en charge dans le cadre des parcours de soins », le rapport annuel 20182 déplore une trop lente diffusion des outils de coordination des soins tels que la messagerie sécurisée de santé et le dossier médical partagé. Les rapporteurs regrettent également que la dématérialisation des relations entre l’assurance maladie et les professionnels de santé, bien que « d’ores et déjà source de gains d’efficience importants », reste partielle.

Le numérique, levier d’amélioration

Plus de huit Français sur dix pensent cependant que le développement des outils numériques améliorera le parcours du patient à l’hôpital. Avec la 11e vague du « Baromètre santé 360 » (mars 2018), on découvre aussi que l’opinion des Français se fait plus positive lorsqu’ils ont le sentiment de fréquenter un établissement bien doté en technologies de l’information ; impression qui les convainc par ailleurs (pour 77% d’entre eux) que cette évolution devrait favoriser la coopération et les relations entre les personnels soignants. Les directeurs d’hôpitaux s’en montrent également persuadés (pour 84%).

Du côté du grand public ou des professionnels, comme de la part des pouvoirs publics, les attentes à l’égard des technologies de l’information et de la communication sont fortes : elles ont, aux yeux de tous, la capacité de contribuer à la construction d’un système de santé de qualité en facilitant l’accès aux données et à leur traitement. D’où l’enjeu majeur qui repose sur des solutions d’interopérabilité capables d’en finir avec les silos d’informations.

2. E-SANTÉ EN EUROPE : DES DÉfis similaires

Le dernier Baromètre européen publié par HIMSS Analytics indique quelles sont les préoccupations relevées par l’ensemble de nos voisins en matière de e-santé.

Trois priorités se dégagent globalement pour le déploiement de la santé numérique :

1. L’implantation des dossiers patients (Electronic MedicalRecord ou EMR)

2. L’accès des patients à l’information.

3. L’échange de données avec les organisations partenaires…

A VENIR 

Volume 2 : Systèmes d’information
de santé : où en est-on en France ?

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