Le CHU d’Amiens met la connectivité au service des soignants

Gestion des alarmes : le CHU d’Amiens connecte ses équipes soignantes et ses patients

Entretien croisé avec Olivier TARGA – Système d’Information – Pôle Fonctions Supports et Ingénierie et Sébastien FLOREK – Responsable du Système d’Information – Pôle PFSI.

Avec plus de 6200 agents, le CHU Amiens-Picardie est un des 2 établissements publics universitaires de santé de référence de la région Hauts-de-France. Déjà entamé en amont, la construction du nouveau bâtiment a naturellement accentué la réflexion de fond sur la mutualisation et l’efficience. Une des réponses : se servir d’un système intelligent de gestion et de traitement des alarmes connectées aux équipements pour gagner en efficacité mais aussi améliorer le quotidien des agents.

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Pourquoi avoir choisi de vous appuyer sur les alarmes et la connectivité ?

Olivier TARGA : De nombreux équipements génèrent des alertes. Notre souhait a été de centraliser leur gestion et leur supervision pour automatiser certains process au profit d’une meilleure sécurité, d’une meilleure réactivité et d’une meilleure organisation pour les agents.

A l’origine du projet, le CHU d’Amiens était sur 5 sites géographiquement distants et nous devions résoudre le problème des remontées d’alarmes des centrales incendie. Notre éditeur proposait un « concentrateur d’évènements », la solution Surycat, qui déclenchait un appel téléphonique vers des groupes d’intervenants les plus proches en suivant des scénaris prédéfinis en cas de problème sur un site. Le second besoin était lié à la récupération des éléments des PTI (Protection du Travailleur Isolé) permettant d’envoyer rapidement une alerte aux équipes de sécurité.

« Le CHU d’Amiens était sur 5 sites géographiquement distants et nous devions résoudre le problème des remontées d’alarmes des centrales incendie. »

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La construction du mono-site hospitalier ouverte en 2014 a-t-elle fait émerger de nouveaux besoins ? 

Olivier TARGA : En effet, de nouveaux besoins ont émergé, notamment les alertes logistiques avertissant les agents, via un message simple sur mobile, de l’arrivée de l’AGV au point de déchargement. Cela a permis d’optimiser les flux et de réduire les trajets des agents. La solution permet également de répondre à la problématique des plans blancs pour prévenir un maximum d’agents et gagner du temps dans la coordination des ressources en situation d’urgence. Via l’interface web Surycat, les alertes sont déclenchées ainsi que les appels téléphoniques.

Via l’interface web Surycat, les alertes sont déclenchées ainsi que les appels téléphoniques.

En septembre prochain, la connectivité nous permettra de nous libérer des contraintes architecturales et de relier directement les appels malades venant des chambres aux portables des soignants. Les équipes soignantes pourront se mettre en relation rapidement avec la chambre via l’écran mural. Un service pilote nous permettra de tester cette nouvelle organisation « grandeur nature » et en fonction des retours des soignants, nous généraliserons sur tout l’établissement.

La logique de Surycat est simple : concentrer des évènements et des informations dans la plateforme et s’en servir ensuite pour déclencher des appels, des scénarios ou des alertes.

Et la potentialité de rajouter des briques sur l’existant ! Actuellement, via un développement informatique interne, le CHU effectue des rappels de RDV par SMS à J-2 et à J-10 par le biais d’un message texte adapté le site de rendez-vous. Environ 400 000 messages sont ainsi envoyés par an.  

Une autre fonctionnalité de Surycat nous permettrait d’aller plus loin dans le « sur-mesure ». Ce système serait particulièrement intéressant pour nos services d’imagerie, dispatchés sur l’établissement, qui verraient un intérêt à envoyer des SMS de rappel de RDV plus précis sur le lieu exact du RDV en fonction de l’examen. A la rentrée, un test est prévu. D’autres services seront sans doute également concernés.

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S’appuyer sur la connectivité : une piste pour répondre au besoin croissant de fluidité, de rapidité, de sécurité des établissements de santé ?

Sébastien FLOREK : En effet, la philosophie du nouveau bâtiment hospitalier construit en 2014 était : « modernisation, mutualisation et efficience ». Nous nous sommes appuyés sur une infrastructure réseau novatrice, très performante et hautement disponible afin d’assurer des services numériques sur l’ensemble de l’établissement et il nous fallait donc un système qui puisse être suffisamment efficace pour, en cas de problème, avoir une information pertinente sur l’évènement. La plateforme Surycat répondait à ce besoin. Il s’agissait déjà d’un produit novateur, adapté parfaitement aux normes hospitalières.

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Comment Enovacom gère l’interopérabilité avec des équipements de marque hétérogène ?

Sébastien FLOREK : L’interopérabilité est le cœur de métier d’Enovacom ! Que ce soit avec des sociétés très spécialisées comme JBT pour les alertes sur les AGV ou l’entreprise ASCOM pour la partie PTI, la société Enovacom maîtrise l’interfaçage et la connectivité avec les différents équipements et événements.

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Vous vous appuyez également sur l’expertise d’Enovacom pour d’autres projets. Je pense notamment à la dématérialisation ou à la messagerie sécurisée. 

Dématérialisation des factures et messagerie sécurisée

Sébastien FLOREK : Enovacom est une société agile, à l’écoute de ses clients et avec laquelle se crée une synergie vertueuse. Sur le dossier de dématérialisation, le CHU a atteint 50 % de factures fournisseurs dématérialisées permettant des traitements plus fiables. De plus, il n’est plus possible aujourd’hui de raisonner uniquement sur le périmètre d’un établissement, il faut raisonner à l’échelle d’un GHT. Nous devons mettre l’accent sur la notion de convergence. C’est pourquoi, le CHU travaille actuellement sur l’interopérabilité avec la messagerie sécurisée de santé MS Santé, l’objectif étant de faciliter et de fluidifier l’échange et le partage d’informations entre les professionnels de santé avec les produits d’Enovacom.

Big Data avec la solution logicielle eHop

Le CHU Amiens-Picardie s’appuie également sur l’expertise d’Enovacom dans un tout autre domaine : le big Data. En partenariat avec le CHU de Rennes, Enovacom déploie des plateformes d’interopérabilité appelée eHOP, le but étant de normaliser le stockage des données médicales des patients qui sont à ce jour toutes traitées de manière différente suivant les éditeurs. Or si l’on veut être agnostique des éditeurs de DPI, garantir la pérennité des données de santé et agréger les données patients à l’échelle de plusieurs établissements, il est nécessaire d’utiliser ce système pour faire véritablement du « Bigdata ».