Le numérique : levier d’amélioration face aux faiblesses des services publics et du parcours de soins

Les faiblesses des services publics numériques en santé

La Cour des Comptes, dans son rôle de contrôle et d’aiguillon des politiques pu­bliques ne manque pas d’épingler régulièrement les faiblesses des ser­vices publics numériques en santé, qu’il s’agisse des systèmes d’information hos­pitaliers, du DMP, de la télémédecine ou des téléservices de l’Assurance maladie.

Récemment encore, ses rapporteurs ont souligné « des progrès réels mais iné­gaux ».

Après avoir rappelé que « le développement des échanges numériques représente une source de fluidité essentielle des communications entre professionnels de santé et renforce l’efficience des prises en charge dans le cadre des parcours de soins », le rapport annuel 2018 déplore une trop lente diffusion des outils de coor­dination des soins tels que la messagerie sécurisée de santé et le dossier médical partagé. Les rapporteurs regrettent également que la dématérialisation des rela­tions entre l’assurance maladie et les professionnels de santé, bien que « d’ores et déjà source de gains d’efficience importants », reste partielle.

le développement des échanges numériques représente une source de fluidité essentielle des communications entre professionnels de santé et renforce l’efficience des prises en charge dans le cadre des parcours de soins

Alerte sur le parcours de soins

L’avertissement lancé par l’institut d’études Odoxa lors de la présen­tation des résultats de la 9e vague de son « Baromètre santé 360 » (octobre 2017) est brutal. Il indique que les Français sont de moins en moins satisfaits de la façon dont se déroule le parcours de soins entre les principaux acteurs que sont le médecin traitant, les spécialistes et les hôpitaux publics. Tandis que les médecins et les directeurs d’hôpi­taux estiment, eux aussi, à une écrasante majorité, que ce parcours se passe mal.

Dans le grand public, 56% des personnes interrogées émettent encore une opinion positive… mais ils étaient beaucoup plus nombreux (69%) il y a deux ans. De même, leur perception de la qualité des échanges d’informations entre professionnels de la ville et de l’hôpital se dégrade. Une majorité estime que ces échanges ne se font pas facilement, ne sont pas immédiats, ni réguliers et surtout se révèlent loin d‘être systéma­tiques. Du côté des médecins, et plus encore chez les directeurs d’hô­pitaux, les jugements sont encore plus sévères. 70% des praticiens et 83% des managers notent le parcours « insatisfaisant » ; ils sont aussi, respectivement, 68% et 84% à évaluer que les échanges d’informations sont médiocres.

Les attentes à l’égard des technologies de l’information et de la commu­nication sont fortes : elles ont, aux yeux de tous, la capacité de contribuer à la construction d’un système de santé de qualité en facilitant l’accès aux données et à leur traitement

Le numérique, levier d’amélioration 

Plus de huit Français sur dix pensent cependant que le développement des outils numériques améliorera le parcours du patient à l’hôpital.

Avec la 11e vague du « Baromètre santé 360 » (mars 2018), on découvre aussi que l’opinion des Français se fait plus positive lorsqu’ils ont le sentiment de fréquen­ter un établissement bien doté en technologies de l’information ; impression qui les convainc par ailleurs (pour 77% d’entre eux) que cette évolution devrait favo­riser la coopération et les relations entre les personnels soignants. Les directeurs d’hôpitaux s’en montrent également persuadés (pour 84%).

Du côté du grand public ou des professionnels, comme de la part des pouvoirs publics, les attentes à l’égard des technologies de l’information et de la commu­nication sont fortes : elles ont, aux yeux de tous, la capacité de contribuer à la construction d’un système de santé de qualité en facilitant l’accès aux données et à leur traitement. D’où l’enjeu majeur qui repose sur des solutions d’interopérabi­lité capables d’en finir avec les silos d’informations.