eHOP : un projet collaboratif mené par le CHU de Rennes et Enovacom pour exploiter les données de santé

Le CHU de Rennes a choisi Enovacom, éditeur de logiciels de santé expert, pour le déploiement et la distribution du système eHOP : une plateforme numérique Big Data qui centralise les données médicales et permet leur exploitation au sein des établissements de santé. La plateforme conçue par l’unité INSERM LTSI  en partenariat avec le CHU de Rennes équipe actuellement 8 établissements majeurs de l’Ouest, constituant le premier réseau de données cliniques d’Europe. Le système eHOP permet par exemple d’optimiser le parcours de soins patient vers de nouvelles thérapies, et facilite le travail des professionnels de la santé et des chercheurs.

Les données médicales du patient : une matière brute à valoriser

Il y a 10 ans, l’informatisation du dossier médical était encore balbutiante. À cette époque, au sein du CHU de Rennes, l’enjeu de l’exploitation des informations médicales est saisi comme étant un formidable accélérateur de la Recherche. Il devient envisageable de mobiliser  des masses considérables d’informations pour répondre à des objectifs scientifiques et de santé publique. Il y a donc là un potentiel non exploité.

Fort de ce constat, le Professeur Marc Cuggia, médecin et spécialiste en informatique médicale et biostatistique a, avec son équipe, l’idée de collecter les données numériques du dossier médical. Les comptes-rendus de consultation comme les résultats d’examens médicaux sont collectés. Une problématique s’impose alors : comment croiser, traiter et analyser ces données de manière optimale ? Il faut regrouper les informations devenues ressources en un même espace.

Cet entrepôt baptisé eHOP est un outil qui permet d’exploiter ce big data. De cette manière, l’hôpital se réapproprie ses données et les valorise. L’ensemble de la chaîne de soins est bénéficiaire sur de nombreux plans. Grâce à eHOP, par exemple, les médecins peuvent  anticiper la survenue d’une épidémie ou mieux détecter l’effet indésirable d’un médicament. Les chercheurs peuvent mieux orienter les patients vers des thérapies innovantes, ou mieux détecter des  cas de maladies rares ou de malformations congénitales. Les données sont exploitées de façon sécurisé et à bon escient. En bout de chaîne, le patient est le gagnant.

Les pratiques hospitalières peuvent aussi être améliorées. De nouvelles méthodes de diagnostics ont également la possibilité d’émerger plus rapidement. Le chemin entre la recherche scientifique et le soin se raccourcit.

Les données sont exploitées de façon sécurisé et à bon escient. En bout de chaîne, le patient est le gagnant.

De la valorisation à l’industrialisation

La mise en place du système eHOP au sein de l’hôpital est la première étape de concrétisation de l’idée originelle. Pour chaque établissement médical, il est donc numériquement possible de s’approprier et d’exploiter pleinement son propre gisement de données.

Mais c’est surtout à l’échelle de plusieurs établissements que la mise en relation d’un entrepôt avec un autre crée de la valeur. La création d’un réseau où les données sont partagées maximise encore la ressource data. Cette approche territoriale du big data santé apparaît ainsi dans l’ouest du pays à travers le réseau HUGO qui créé à cette fin un réseau de Centre de Données Cliniques. Il est  chargé de l’exploitation de ce potentiel pour répondre aux besoins croissants.

La mise en place du système eHOP au sein de l’hôpital est la première étape de concrétisation de l’idée originelle.

Au sein de l’équipe de recherche Inserm dirigée par le Professeur Cuggia une évidence s’impose : il faut passer à une échelle industrielle pour donner l’efficience et la pérennité  nécessaire à ce dispositif. Il déclare :

« La  donnée de santé est une ressource inépuisable qui, si elle est partagée et exploitée à plus large échelle, peut répondre aux enjeux médicaux de notre société. Cette exploitation doit demeurer avant tout éthique, toujours au bénéfice du patient. Utiliser ce potentiel pour innover  est en totale adéquation avec le « plan de santé numérique » engagé par les pouvoirs publics. Avec eHOP, cette transformation structurelle est une réalité, beaucoup d’établissements viennent nous voir pour s’inspirer de l’expérience du Grand Ouest. Tous ces efforts sont menés au bénéfice du patient qui doit être placé au cœur du système de santé et conserver son plein accord quant à l’usage qui est fait des données. C’est une évolution sans précédent. »

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Professeur Cuggia, Equipe de recherche Inserm

L’industrialisation appliquée du big data santé

Le secteur de la santé est stratégique d’un point de vue sanitaire aussi bien qu’économique. Piloter, détecter, extraire, analyser des informations médicales en toute sécurité et de manière massive n’est pas chose aisée. Un partenariat avec la société Enovacom (éditeur français de logiciels de santé de référence) a très rapidement été une évidence pour le déploiement et la distribution d’eHOP aux autres établissements de santé. Le CHU de Rennes connaît l’entreprise. Il bénéficie depuis de nombreuses années de son expertise dédiée à l’interopérabilité des systèmes d’information. Les données de santé, leur  exploitation et la prise en charge des échanges d’information patients font partie, depuis 15 ans, des enjeux auxquels l’éditeur de logiciel répond.

Ce partenariat est donc assurément idéal pour le projet en question. En raison de la masse de data à exploiter, le défi est de taille car l’entrepôt concentre l’ensemble des données patients enregistrées lors de leur prise en charge. Du compte-rendu d’hospitalisation à celui d’une consultation, en passant par les prescriptions médicamenteuses, tout est répertorié.

AU CHU de Rennes précisément, ce sont plus de 27 millions de documents qui sont compilés pour plus d’1,2 millions de patients. Le Big Data est la première marche permettant d’accéder à la médecine prédictive qui passe ainsi du concept à la réalité. Le transfert technologique de l’entrepôt de données confié à Enovacom consiste à installer les entrepôts et constuire les flux de données qui vont l’alimenter.

Les ingénieurs et les chercheurs du CHU de Rennes travaillent quotidiennement en étroite collaboration avec les équipes d’Enovacom. Une formation mutuelle en R&D a permis d’atteindre les objectifs fixés et d’aller même au-delà.

Un laboratoire commun dédié aux données de santé

Enovacom et le CHU de Rennes vont plus loin et créent un laboratoire commun dédié aux données de santé. En effet, le partenariat entre le CHU de Rennes et Enovacom se consolide sur le long terme avec le LabCom LITIS.

Totalement tourné vers l’avenir, il sera inauguré dans les prochains mois. L’équipe présente se donne pour mission d’identifier les besoins du futur en matière de traitement des données de santé et d’inventer les technologies adéquates pour initier les nouveaux usages et guider les professionnels.

Aujourd’hui, la maturité technologique et les algorithmes d’intelligence artificielle donnent de belles perspectives à eHOP : un parfait exemple de ce que la Recherche française fait de mieux, et l’Hexagone est en pointe dans le domaine.

Enovacom est sans conteste un vecteur de cette innovation. Peut-être sera-t-il possible d’imaginer un jour une globalisation des données de santé mais la route est longue. En effet les systèmes de santé, l’organisation structurelle, la protection des données et la culture divergent énormément à l’échelle planétaire, une coordination reste et demeure hypothétique… pour le moment.