Appareils biomédicaux : un bon signal d’alarme dépend de son niveau de criticité

Comment participer à la qualité de vie au travail des soignants soumis à une multitude d’alarmes sonores au quotidien ? Et comment définir une criticité pertinente de chacune de ces alarmes ? Jean-Baptiste Michon, Product Marketing Manager chez ENOVACOM, revient pour nous sur le fonctionnement des alarmes aujourd’hui au niveau des dispositifs biomédicaux, et les bénéfices que peut apporter la technologie.

1.

Quels sont les problèmes liés aux alarmes sonores rencontrés par les professionnels hospitaliers au quotidien ?

Jean-Baptiste Michon: Les personnels soignants évoluent dans un univers pollué en permanence par des alertes en tous genres. Ce sont d’abord les alarmes des dispositifs médicaux qui se déclenchent, soit pour envoyer l’information du risque vital pour le patient, à prendre donc en compte le plus vite possible, soit pour les informer d’un problème mineur technique, comme le mouvement d’un patient ou le non branchement d’un capteur. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’intervenir sur le champ, mais aujourd’hui il est impossible pour les soignants de distinguer le niveau de criticité de ces alertes. Il en est d’ailleurs de même lorsque les patients eux-mêmes actionnent trop souvent l’appel malade.

2.

Ces signaux sonores ne sont-ils pas, à la longue, nuisible pour les professionnels de santé ? 

J-B. M.: Depuis les années 60, le niveau sonore moyen est passé de 57 à 72 dB le jour, et de 42 à 60 dB la nuit. Lorsqu’on sait que des niveaux supérieurs à 80 dB peuvent entrainer des pertes auditives, on comprend que la Santé au travail est mise à l’épreuve par ce phénomène, en plus du temps qu’il faut aux soignants pour prendre en compte ces alarmes. Il est donc tout à fait important de réfléchir, d’une part à différentier les différents niveaux de criticité des informations envoyées par les dispositifs médicaux et, d’autre part, à mettre en place un système d’Alarm Management afin que les bonnes personnes soient averties de la bonne information au bon moment.

Le but est ici de réduire la fréquence sonore des alarmes tout en mettant l’accent sur les alertes relatives aux informations vitales des patients, ainsi que de permettre aux soignants de ne prendre en compte que les alarmes pertinentes La technologie ENOVACOM Surycat est un très bon exemple pour avoir une gestion simplifiée des alarmes au quotidien.

3.

Que peut apporter la technologie dans ce cadre ? 

J-B.M.: Elle doit, dans un premier temps, répondre au problème causé par la structure des dispositifs médicaux (DM).

 La plupart ne possède qu’une seule sortie destinée à transmettre tout type de données.

Très souvent les données vitales sont collectées automatiquement par un dossier de spécialité (en réanimation par exemple). Malheureusement, ces applicatifs ne prennent pas en compte les différents paramètres de configuration, ni les alarmes générées Ainsi, pour y faire face, il est nécessaire d’avoir un système central qui centralise l’ensemble des données. Il s’agit ici d’un bus applicatif dédié, prenant en compte l’ensemble des informations transmises par les DM. Cet « EAI Biomédical » tel qu’ENOVACOM Patient Connect a ensuite la charge de transférer les données vers les destinataires adéquats : le dossier de réanimation par exemple pour les données vitales, le système d’Alarm Management tel qu’ENOVACOM Surycat pour les alarmes. Nous pourrions même imaginer l’envoi de certaines données vers un système tiers pour exploiter les données et aller ainsi vers le Big Data. 

4.

Toutes les alarmes n’ont pas toutes la même importance. Comment définissez-vous leur niveau de criticité ? 

Ces paramétrages sont réalisés par les professionnels de Santé eux-mêmes. Ce sont eux qui jugent de l’importance d’une information et qui définissent le niveau de criticité de telle ou telle alerte. De plus le workflow de traitement des données peut être aménagé en fonction de certains critères. Certains signalements peuvent être paramétrés pour ne pas être transmis alors que dans d’autres cas, si le pronostic vital est susceptible d’être engagé la solution d’Alarm Management émettra des signaux vers plusieurs personnes identifiées au préalable tant que l’une d’elles n’aura pas acquitté l’alarme.

5.

La solution d’Alarm Management ENOVACOM Surycat est-elle fonctionnelle avec n’importe quel dispositif médical ? 

J-B.M.: ENOVACOM Surycat est en effet tout à fait interopérable pour gérer tout type de remontées d’alertes, de n’importe quel dispositif. Ce moteur de workflow répond à tous les protocoles standardisés pour gérer les alarmes de manière intelligente selon la fréquence souhaitée, la criticité, la personne à cibler, …. Pour les flux de données vitales, nous suivons la même logique d’interopérabilité pour connecter cette fois-ci DM et dossiers de spécialités. Il faut rester avec une idée en tête finalement : pour n’importe quel type de donnée, il faut structurer le système d’information avec des solutions centrales d’interopérabilité. L’objectif ? Organiser les flux de données pour avoir une meilleure communication entre les systèmes applicatifs qui n’ont pas fini de se multiplier… et les soignants !

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