Nouvelles organisations dans le secteur de la santé, quels impacts sur les systèmes d’information ?

Les nouvelles structures de santé et leurs impacts sur les systèmes d’information

Depuis les réseaux de soins, conçus au milieu des années 1990, jusqu’à la notion de parcours, obsession actuelle, les professionnels de santé n’ont eu de cesse de mettre au point des organisations de coordination. L’accélération de la transition épidémiologique et démographique que nous connaissons accentue la nécessité d’adapter les pratiques et le système de soins dans son ensemble.

Jusqu’à 30 intervenants par patient.

« Afin d’évaluer le nombre de professionnels dont l’intervention est requise dans le traitement et le suivi du patient et d’étudier les éventuelles modalités de coordination préconisées, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a analysé 26 guides médecins (et « listes d’actes et de prestations ») de la Haute Autorité de Santé relatifs à des ALD (affections de longue durée) courantes chez les personnes âgées, en lien avec ou pouvant conduire à une perte d’autonomie.
Cette étude met clairement en évidence le grand nombre d’intervenants impliqués dans le traitement et le suivi des malades : sur les six ALD étudiées, ce nombre va de 12 à 30 professionnels de santé différents, et de 1 à 4 types d’inter¬venants sociaux différents. »

Assurance maladie et perte d’autonomie, rapport adopté le 23 juin 2011

Des nouvelles structures de santé

Aujourd’hui, place aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), mises en avant par le Plan Santé 2022 comme un nouvel « espace d’organisation et de coordination des professionnels de santé de ville » pour répondre aux besoins premiers et de proximité, de la population sur un territoire.

Dans le même temps, la création de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) n’a pas seulement apporté une réponse aux défis démographiques ; elles représentent une opportunité de travailler en équipe coordonnée autour des patients en bénéficiant des outils ad hoc (protocoles, mais aussi systèmes d’information partagés…). Estimé à plus de 1000, leur nombre pourrait doubler à moyen terme.

L’impact sur les systèmes d’information de santé

Ces évolutions ont renforcé les attentes des professionnels concernés vis-à-vis de leurs systèmes d’information.
Pour assurer une coopération efficiente et la continuité de la prise en charge d’une personne, quel que soit l’intervenant, les divers comptes rendus et résultats d’examens doivent être désormais disponibles et transmissibles quasi en temps réel.

Mieux : ils doivent pouvoir être consultables en mobilité, l’usage du smartphone étant en passe, pour certains acteurs, de remplacer celui de l’ordinateur.

A ne pas oublier en revanche : la confidentialité des données échangées… Interrogés à ce propos, les jeunes médecins sont d’ailleurs près de 60% à répondre qu’un logiciel doit être disponible sur tout support et plus d’un tiers souhaite qu’il le soit sur smartphone.

Dans certains cas, la réponse à ces attentes est passée par la labellisation. Le label «e-santé Logiciel Maisons et Centres de Santé », géré par l’ASIP Santé, est ainsi né de la double problématique d’aider les porteurs de projets dans l’identi¬fication des logiciels adaptés, et d’apporter aux éditeurs la lisibilité nécessaire à la mise au point de solutions standards. Le label atteste, entre autres, de leur conformité en matière de coordination pluriprofessionnelle (gestion des proto¬coles, des accès aux dossiers patients, des réunions pluriprofessionnelles…) et de leur DMP-Compatibilité.

Les principales aspirations des jeunes médecins portent sur des solutions non seulement sûres mais évolutives et ouvertes à l’exercice de groupe ; des solutions qui contribuent à l’amélioration de la coordination des soins, mais aussi à un aspect encore relativement peu pris en compte, comme la communication avec les patients.