Les 3 priorités de l’e-santé en Europe

Quelles sont les 3 priorités de l’e-santé en Europe ?

Le dernier Baromètre européen publié par HIMSS Analytics indique quelles sont les préoccupations relevées par l’ensemble de nos voisins en matière de e-santé.

Trois priorités se dégagent globalement pour le déploiement de la santé numérique :.

1. L’implantation des dossiers patients (Electronic Medical Record ou EMR)
2. L’accès des patients à l’information
3. L’échange de données avec les organisations partenaires

On peut ajouter l’accès des médecins à l’information à ce « top 3 » : sans surprise, ce thème devance, dans les réponses des établissements de soins, celui de l’accès des patients. Dans le détail, on observe que les résultats par pays reflètent naturellement le degré de maturité numérique des organisations et les orientations de la politique de santé locale. Ainsi, par exemple, le déploiement du dossier pa¬tient électronique est considéré comme nette¬ment moins prioritaire en Espagne – qui bénéficie déjà d’un fort taux d’adoption – qu’en Irlande.

Les défis e-santé à relever en Europe

Cette étude nous apprend également que les défis considérés comme les plus importants sont globalement : le financement, l’interopérabilité et l’autonomisation des patients, suivis de près par le défaut de stratégie politique et les difficultés à déployer les dossiers médicaux électroniques.

Si l’on s’intéresse aux tendances jugées essentielles à moyen terme (2 à 3 ans), le consensus se fait autour d’un dossier patient électronique maîtrisé par le citoyen (Patient Health Record, cf ci-dessous).
De manière générale, les personnes in¬terrogées s’attendent à ce que les plus grands changements tiennent en ef¬fet à la place occupée par les patients dans la gestion de leur santé, sans pour autant négliger le développement des échanges d’informations entre profes¬sionnels eux-mêmes.

L’impact sur les systèmes d’information de santé

Ces évolutions ont renforcé les attentes des professionnels concernés vis-à-vis de leurs systèmes d’information.
Pour assurer une coopération efficiente et la continuité de la prise en charge d’une personne, quel que soit l’intervenant, les divers comptes rendus et résultats d’examens doivent être désormais disponibles et transmissibles quasi en temps réel.

Mieux : ils doivent pouvoir être consultables en mobilité, l’usage du smartphone étant en passe, pour certains acteurs, de remplacer celui de l’ordinateur.

A ne pas oublier en revanche : la confidentialité des données échangées… Interrogés à ce propos, les jeunes médecins sont d’ailleurs près de 60% à répondre qu’un logiciel doit être disponible sur tout support et plus d’un tiers souhaite qu’il le soit sur smartphone.

Dans certains cas, la réponse à ces attentes est passée par la labellisation. Le label «e-santé Logiciel Maisons et Centres de Santé », géré par l’ASIP Santé, est ainsi né de la double problématique d’aider les porteurs de projets dans l’identi¬fication des logiciels adaptés, et d’apporter aux éditeurs la lisibilité nécessaire à la mise au point de solutions standards. Le label atteste, entre autres, de leur conformité en matière de coordination pluriprofessionnelle (gestion des proto¬coles, des accès aux dossiers patients, des réunions pluriprofessionnelles…) et de leur DMP-Compatibilité.

Les principales aspirations des jeunes médecins portent sur des solutions non seulement sûres mais évolutives et ouvertes à l’exercice de groupe ; des solutions qui contribuent à l’amélioration de la coordination des soins, mais aussi à un aspect encore relativement peu pris en compte, comme la communication avec les patients.

Globalement, la priorité demeure, pour tous les acteurs, à l’achèvement du déploiement des dossiers patients. Pour les professionnels de santé, et dans les établis¬sements, c’est un préalable indispensable sans lequel il ne sera pas possible de développer une vision globale du parcours de soins.