Échelonner les alertes hospitalières pour leur redonner du sens – Interview de David Fermet

Alarmes à l’hôpital : comment leur redonner du sens?

David FermetDans un environnement soumis à une multitude d’alertes et alarmes, les professionnels hospitaliers ne distinguent pas toujours le niveau d’importance des appels qu’ils reçoivent. David Fermet, Chef de produit chez Enovacom, nous parle de la nécessité de mettre en place une organisation pertinente de ces alertes, en les distinguant selon leur importance.

Les systèmes d’alarme liés à l’état physiologique des patients sont les plus connus, parmi ceux que l’on trouve dans un établissement de Santé. Quels sont les différents types d’alerte que l’on peut y trouver ?

David Fermet: Il y a trois familles principales d’alertes : celles relatives au bâtiment – qui vont entrer dans l’univers du bâtiment connecté, celles relatives au monde informatique – de la supervision des applications et des réseaux, et celles relatives au métier – applications et équipement médicaux. Pour ces trois familles, il s’agit à la fois de rendre les systèmes communicants – pour une gestion plus réactive du personnel suite à un évènement – mais aussi d’assurer une gestion de la maintenance, afin d’éviter les pannes  ou de réduire les temps d’indisponibilité qui peuvent indisposer un service, et donc affecter la prise en charge des patients. Pour les équipements biomédicaux, cette situation peut être critique.

Pour la famille informatique et métier, vu la complexification des systèmes d’information, il s’agit de pouvoir savoir, et réagir en cas d’incident critique sur les échanges inter-applicatifs. Nous sommes de plus en plus tributaires de l’informatique, la gestion d’incident se doit donc d’être optimale. Pour les familles bâtiment et biomédical enfin, il s’agit de transmettre aux personnes concernées les alertes, et uniquement celles nécessaires. L’objectif ? Une résolution rapide des incidents, avec une perturbation minimale des personnels. L’enjeux est ici d’éviter l’effet « spam » et de ne pas sur-notifier les agents.

Cette densité est justement source d’inconfort sonore pour les soignants, qui sont souvent sollicités par les alarmes biomédicales ou les appels des patients. Comment optimiser ces alertes qui augmentent notamment le bruit auquel ils sont soumis au quotidien ?

D.F.: Nous pouvons agir sur différents paramètres pour répondre à leurs attentes sur ce champ. Tout d’abord, les alertes sonores sont progressivement remplacées par des signaux vibrants ou des notifications, sur leur téléphone par exemple. Il est essentiel, d’autre part, de paramétrer avec pertinence les alertes pour les filtrer selon leur niveau d’urgence. Si un moniteur cardiaque est en alerte perpétuelle parce que mal calibré, comme je l’ai déjà constaté sur le terrain, cette alerte n’a plus de sens. De la même façon, si un patient appuie sans cesse sur le bouton d’appel de l’infirmière, cette dernière ne peut pas, au final, en déterminer l’importance. Nous avons relevé récemment, au Centre Hospitalier de la Roche-sur-Yon, quelques 10 000 appels de chambre vers les infirmières par jour ! Auquel il faut ajouter les alertes de fugues pour les patients désorientés.

Quelles sont, dès lors, vos préconisations pour organiser les alertes issues de ces trois groupes d’activités ?

D.F.: Pour atteindre une bonne organisation de toutes ces alertes, notre parti pris est d’aller rencontrer les acteurs de chaque famille: les cadres de soins, les responsables de la logistique et les ingénieurs biomédicaux. Nous identifions avec eux les alertes qui leur semblent les plus importantes afin de minimiser l’impact des autres. À partir de ces informations, nous paramétrons notre solution ENOVACOM Surycat  qui va s’interconnecter avec l’ensemble de ces systèmes issus de ces trois familles, et communiquer avec les agents hospitaliers via leur téléphone DECT, pager ou portable. Pour les alertes les moins importantes, comme la fluctuation modérée d’un électrocardiogramme, nous proposons des notifications simples en « one shot », de type bouteille à la mer. Les plus critiques – comme les urgences vitales – feront l’objet d’un process plus abouti, s’assurant de la prise en compte par les soignants, via rappels et escalade, en offrant d’éventuelles fonctions de confort pour faciliter l’ergonomie d’usage, comme le rappel direct en chambre. À l’autre bout de la chaîne, les alarmes avertissant d’une urgence vitale feront l’objet d’un code couleur spécial, solliciteront une quinzaine de personnes en un temps très court et seront acquittées une fois que l’ensemble des personnes concernées en auront donné l’autorisation.

L’idée est donc de trouver les bonnes fonctions à mettre en œuvre pour faciliter la prise en charge de ces alertes, par définition intrusives, sans que cela soit une contrainte pour les utilisateurs. Cette alchimie ne peut évidemment pas se faire sans eux.

ENOVACOM SURYCAT est donc la solution adéquate pour une gestion optimale des alertes. Mais cela fait-il l’objet d’un logiciel de plus à gérer par les soignants ?

D.F.: Non, il ne s’agit pas de leur mettre à disposition une interface supplémentaire dans un quotidien qui en comporte déjà trop. Au contraire, une fois qu’ils nous ont informés de leurs attentes en termes de paramétrage de la solution, celle-ci est tout à fait transparente ensuite dans leur pratique. Cette solution est centrée sur l’utilisateur, lui fait gagner du temps, réduit le bruit auquel il est soumis et fait office d’une bulle d’oxygène dans un monde informatique impitoyable pour eux.

Vous souhaitez en savoir plus sur le logiciel de gestion des alarmes ?

Remplissez le formulaire ci-dessous :

Shares
Share This