Situation d’urgence à l’hôpital : que choisir pour réagir ?

Technologie VS quotidien : que choisir pour réagir en cas de situation d’urgence à l’hôpital ?

Le gouvernement vient tout récemment de décider d’abandonner l’application SAIP d’alerte attentat. Ce choix est officiellement lié au fait que l’application n’a pas été suffisamment téléchargée. Elle ne concernait qu’une partie de la population[1] et une série de dysfonctionnement a été constaté lors d’exercice et situation réelle : alerte déclenchée tardivement, alerte non reçue, etc.. La décision prise semble être de se tourner vers les réseaux sociaux – mais ce nouvel « outil » limite l’accès à ce service à une population, plus étendue certes, mais loin d’être universelle. Alors que choisir, entre les outils du quotidien, les dernières technologies quand l’urgence est là ?

Pour les situations d’urgences, faut-il choisir entre les dernières technologies, les cas d’usages et les besoins de la population ?

La réalité est beaucoup plus terre à terre : très peu d’outils finalement sont adaptés à ce type de situations dîtes exceptionnelles. L’être humain n’est pas conçu pour réagir en cas d’urgences avec des systèmes complexes (qui oblige à plus de deux actions consécutives).

En exemple, nous pouvons citer les accidents de la route : victime ou témoin direct d’un grave accident sur l’autoroute, votre premier réflexe sera d’appeler les urgences, vos proches et certainement pas d’utiliser une application d’alerte spécifique de l’autoroutier, prendre le temps d’intégrer un ensemble d’informations pour décrire la situation.

Les urgentistes ou spécialistes des situations de « grande ampleur » (sécurité civile ou militaires) avec lesquels nous échangeons reconnaissent cette réalité. Il s’agit d’un « brouillard » ralentissant les réflexes, un état de stupéfaction rétrécissant le champ de vision et faisant perdre tout discernement pendant un temps plus ou moins long – en fonction de l’expérience de ces professionnels aguerris.

Dès lors, si ces professionnels de la crise reconnaissent cette réalité, comment imaginer qu’une personne non entrainée, face à une situation générant un stress extra-ordinaire, puisse être capable d’être réfléchie, organisée, et enchaîner une suite d’actions de manière coordonnée ?

La seule issue semble être de puiser dans les routines organisationnelles classiques et les réflexes que nous avons tous ancré en nous. Une situation exceptionnelle ne doit donc pas impliquer l’utilisation d’outils spécifique mais au contraire se rapprocher le plus possible de réflexes simples, à la limite du « reptiliens » comme composer le 15 ou le 18…

Des outils du quotidien améliorés – une piste pragmatique face au contexte exceptionnel

Prenons l’exemple du  monde de la santé : il doit, dans un contexte de gestion d’urgence au quotidien, être à même d’accueillir une situation exceptionnelle sans impact sur la continuité de l’offre de soin. C’est le rôle des Plans d’urgence, Plan Blanc, ORSAN, ORSEC…

Un médecin londonien, à la suite de l’attaque à la voiture bélier de juin 2017 déclarait : « Lutter contre le terrorisme consiste à pouvoir se reposer sur un système de santé capable de gérer, sans perturbation, les conséquences de chaque action terroriste. Cela permet d’avoir l’image d’un état inébranlable, imperturbable, qui vient directement contrecarrer l’effet de terreur visé… »

Fort de ce constat, comment se préparer à l’imprévisible, simuler et préparer un événement qui sera sans doute soudain ? Sur quels outils s’appuyer ?

Les principales difficultés à appréhender viennent principalement du caractère exceptionnel à gérer. La mobilisation sera-t-elle au rendez-vous ? Par exemple, en cas d’épisode de pandémie, l’hôpital est sous le coup d’une double peine : il y a plus de patients à traiter, et moins de soignants !

La difficulté majeure est donc dans l’anticipation des différentes situations et leur organisation à un instant T avec les outils disponibles, et non pas dans leur spécificité (forcément imprévisible).

Une fois la cartographie des risques bien établie et la liste des effets à obtenir, il faut commencer à penser à l’imprévisible…

C’est en observant notre manière d’agir, nos outils au quotidien utilisés que l’on peut décliner ces mêmes moyens en situation exceptionnelle.

La coordination avec les outils du quotidien est donc sans doute le meilleur des terreaux pour se préparer à l’imprévisible. Car l’objectif restera toujours identique : transmettre les informations au bon moment, simplement, et organiser les actions rapidement sont les deux piliers indispensables pour gérer les situations sanitaires exceptionnelles.

[1] Il faut posséder un smartphone, avoir téléchargé une application, la maintenir à jour et active en fond d’écran…

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