Projet eHOP : mise à disposition des données patients pour la recherche médicale

Retour sur le projet eHOP qui concerne plus de 1,2 million de patients

Dans le Grand Ouest, l’organisation de l’exploitation des données hospitalières à des fins de recherche se structure à l’échelle du territoire.

Avec près de 1,2 million de patients (et 38 millions de documents), le CHU de Rennes a été l’initiateur d’un des premiers entrepôts français de données hospitalières. Sur la base des travaux du LTSI (Laboratoire Traitement du Signal et de l’Image – Unité Mixte de Recherche Inserm – Université de Rennes 1), il a développé un premier outil performant de traitement et d’exploitation des données patients, baptisé eHOP.

 Afin de le déployer à l’échelle du Grand Ouest (cinq CHU et l’Institut de Cancérolo­gie de l’Ouest, réseau HUGO), le CHU et l’Université de Rennes 1 ont soumis un pro­jet dans le cadre de l’appel d’offres LabCom de l’Agence nationale de la recherche (ANR), programme incitant les acteurs de la recherche académique à créer des partenariats avec des entreprises du secteur privé. Labellisé ANR en juin 2017, ce projet, LITIS, associe la société Enovacom, pour son expertise dans l’intégration de données.

Il a pour but de créer les futures versions de plateformes de données massives hospitalières utilisées dans les Centres de données cliniques et dédiées à la re­cherche médicale. Il privilégie des projets ciblés en médecine intégrative dans les domaines de la cardiologie, de la réanimation pédiatrique et en cancérologie.

Les CHU d’Angers, Brest, Nantes, Rennes, Tours, Poitiers, ainsi, que l’ICO à Nantes et Angers enverront alors leurs données issues des dossiers informatisés de quelque 6 millions de patients.

« Aujourd’hui la recherche médicale ne peut se concevoir que de façon multicentrique. Les équipes travaillent déjà en réseaux pour partager leurs expériences, et obtenir suffisamment de données pour mener à bien leurs études. Le réseau structurant de Centre de Données Cliniques (que je coordonne avec le Pr Stindel du CHU de Brest ) va permettre de partager à la fois un modèle d’organisation, des bonnes pratiques d’ex­ploitation des données, et bien sûr des outils innovants comme eHOP qui ont vocation à accélérer la recherche. »

(Propos recueillis par ID2Santé, Centre d’inno­vation technologique dédié au développement de la santé en Bretagne)

Dr Marc Cuggia

Responsable de l’équipe projet « Données massives en santé » du Laboratoire LTSI

Retour sur le Health Data Hub français

Désormais, les données sur les patients sont générées à un rythme plus rapide que la connaissance des soins de santé. L’ambition du Health Data Hub français est de capturer, stocker et structurer l’énorme quantité de données générées par les patients, et de fournir les outils permettant de tirer parti d’une intelligence collective au bénéfice des patients, des instituts de recherche mais aussi des agences de santé gouvernementales. A la suite de la remise du rapport Villani, le Président de la République a annoncé la création d’un « Health Data Hub » comme un des points forts de la stratégie Intelligence Artificielle française (IA). La Ministre des Solidarités et de la Santé a donc lancé le 12 juin 2018 une mission de préfiguration de cette plateforme d’exploitation des données de santé résultant en la publication une feuille de route pour la mise en œuvre opérationnelle du « French Health Data Hub ».

Le Président de la République a annoncé la création d’un « Health Data Hub » comme un des points forts de la stratégie Intelligence Artificielle française.

Et pour aller plus loin, a été créé un Laboratoire commun LABCOM LITIS

Un partenariat associant l’Université de Rennes 1, l’INSERM, la société ENOVACOM et le CHU de Rennes ont permis d’obtenir le financement par l’Agence Nationale de la Recherche du Laboratoire commun LABCOM LITIS, ou Laboratoire d’Interopérabilité Traitement et Intégration des données massives en Santé. Co-dirigé par le Professeur Marc Cuggia et Cyril Garde, co-fondateur Enovacom, il s’agira ici de favoriser la recherche, le développement et faciliter le transfert de technologies innovantes du public vers le privé.