L’identification du patient, la clé de voute pour partager son dossier médical

L’identification du patient constitue l’élément fondateur – et critique – sur la base duquel les applications peuvent être déployées :

Echange et partage de données, entrepôts documentaires, applications analytiques… C’est également un élément de sécurité dans le sens où elle fiabilise l’accès au dossier médical, par les pro­fessionnels de santé autorisés et par le patient lui-même, et permet d’indexer les informations transmises à l’occasion de sa prise en charge.

Sa portée est telle qu’elle vient naturellement en tête des prérequis du programme Hop’EN en France : « Nous avons commencé à travailler sur la suite du programme Hôpital numérique en février 2018 avec les partenaires, nous avons ajusté notre programme en fonction du plan ‘Ma santé 2022’ et revu nos prérequis historiques en matière d’identification patient -avec l’identifiant national de santé (INS) qui arrive en 2020. » confie Caroline Le Gloan, cheffe du bureau des systèmes d’information (SI) de la DGOS, à ticsanté

L’identification du patient figure également parmi les critères de certification HAS des établissements de santé :

Depuis la version 2010 du manuel de certifica­tion. Le guide des experts visiteurs souligne que « l’identification fiable et unique du patient à toutes les étapes de sa prise en charge et à chaque venue » repré­sente « un enjeu majeur pour la continuité et la sécurité des soins, compte tenu du risque d’erreurs potentiellement graves liées à une mauvaise identification (er­reur de site opératoire, erreur de traitement, erreur transfusionnelle, erreurs de résultats de laboratoire, etc.). » Il ajoute qu’elle est, par ailleurs, spécifiquement traitée « dans la thématique relative à l’organisation du bloc opératoire ».

Et bilan de la certification HAS

Seuls 27 % des établissements satisfont aux exigences d’identito­vigilance, constate la HAS en mai 2017. Les processus d’identito­vigilance ont du mal à s’installer et les investigations par patient traceur conduisent très fréquemment à observer le non-respect des règles de vérification ou traçabilité de l’identité du patient.

En outre, les établissements n’ont pas tous mis en place d’orga­nisation leur permettant de sécuriser la coexistence de supports papier et informatiques ou d’assurer les interfaces entre logi­ciels, ajoute la Haute autorité de santé. De plus, sur le terrain, de nouvelles pratiques à risques se développent, liées au refus de certains professionnels de s’inscrire dans le développement de l’informatisation.

Par ailleurs, la réflexion sur les parcours reste débutante. Notam­ment en raison des difficultés rencontrées par les établissements dans la structuration institutionnelle de parcours patient adaptés aux besoins de la population et du manque de vision transversale de l’ensemble du parcours à l’échelle de l’établissement, voire d’un territoire.

Certification V2014, bilan à mi-parcours, établi sur la base de 990 établissements de santé qui, au 15 mars 2017, ont fait l’objet d’une décision de certification après leur visite initiale

Résultats du programme Hôpital numérique :

Huit établissements sur dix sont conformes aux indicateurs du pré requis P1, selon l’Atlas SIH 2018 de la DGOS. C’est le point 4 (existence d’un référentiel unique de structure) qui leur pose le plus de difficultés. Globalement, les deux tiers des établisse­ments ont déclaré avoir atteint les 12 indicateurs des prérequis (Identité-Mouvements, Fiabilité-Disponibilité, Confidentialité).