L’entrepôt de données de santé : rêve ou réalité ? (1/2)

Les avantages de l’entrepôts de données de santé 

Imaginons un instant une plateforme de consolidation de données de Santé accessible à tous les établissements et acteurs d’un territoire, susceptible d’intégrer toutes sortes de documents et capable d’interagir avec l’ensemble des solutions de Santé. Cet outil existe, c’est l’entrepôt neutre de données.

 

Valoriser la donnée

Issues de plusieurs sources (essais, bases de données médico-administratives, registres, dossier médical, applications, etc.), de formats et de typologie multiples, les données de santé sont en croissance exponentielle. Elles représenteront, au niveau mondial, 2.3 milliards de giga-octets et le volume des données produites sera multiplié par 44 d’ici 2020. Face à ces chiffres, quelles actions entreprendre ?

La question n’est plus aujourd’hui de savoir traiter cette volumétrie, car la technologie est aujourd’hui mature. Concrètement, l’entrepôt n’est qu’une brique technique que l’on maitrise. Le vrai enjeu est d’être capable d’agréger la donnée pour la valoriser, de normaliser ce flux d’information et de mettre en œuvre les mécanismes qui permettent un accès fiable et sécurisé par les professionnels. Bientôt des entrepôts de données patients accessibles pour tous les établissements de santé d’un même territoire ? C’est possible et les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT), notamment, en ont perçu tout l’intérêt.

Dans une certaine mesure, les entrepôts peuvent répondre à la problématique des déserts médicaux, mais ce n’est pas le seul enjeu. Aujourd’hui, deux grands axes poussent la gouvernance des GHT à se mobiliser autour d’entrepôts de données : le cadre du soin, pour fluidifier et faciliter le parcours patient sur un territoire d’une part, mais aussi la valorisation des données agrégées, dans un but analytique, pour permettre l’usage d’outils orientés Intelligence Artificielle. L’intérêt pour un GHT, de se projeter dans un entrepôt de type « neutre » est d’envisager d’autres usages, comme par exemple le pilotage médico-économique des établissements. Enfin, économiquement, il y a un enjeu fort. Cela permet de donner accès à la donnée et de la partager de façon peu « contraignante », moins complexe et avec un coût relatif par rapport à des projets de grande envergure, comme le déploiement d’un Dossier Patient unique pour tout le GHT.

Partage des données de Santé : les limites du DPI que l’entrepôt de données dépasse.

Cependant, cette collaboration doit s’accompagner de processus permettant la mutualisation des données de Santé à l’échelle territoriale, les GHT et les plateformes régionales d’e-santé représentant ainsi deux axes production de soins qu’il faut regrouper. Le Dossier Personnel Informatisé (DPI) n’est pas, dans ce cadre, l’outil adéquat pour partager ces données, car c’est avant tout un outil de production de soins. Son champ d’action est plus ciblé et orienté soins, alors que des informations relevant d’un champ beaucoup plus large sont destinées à alimenter un entrepôt neutre de données.

 

Une neutralité qui lui confère son indépendance et son universalité

On identifie alors aisément la position centrale et transversale que prend l’entrepôt de données et de son indépendance vis à vis des solutions dites « propriétaires ». À l’instar de ce qui se fait depuis plusieurs années dans le secteur de l’imagerie avec les plateformes VNA, qui centralisent les images médicales d’un écosystème défini à partir des PACS locaux, l’entrepôt est neutre. Cela renvoie à des notions d’interopérabilité, avec les dossiers patients et logiciels métiers notamment, de fonctionnalités autonomes par rapport à ces derniers, mais aussi, et c’est la plus-value de cet outil, d’ouverture, car il est capable de traiter tous types de datas.