Mise en réseau des hôpitaux : quel avenir pour les petits hôpitaux ?

L’objectif de la mise en réseau des hôpitaux de Maggie De Block est d’établir en 2020 25 réseaux d’hôpitaux : 13 en Flandre, 8 en Wallonie et 4 à Bruxelles. Chaque réseau sera alors constitué de plusieurs hôpitaux qui devront apprendre à collaborer malgré leurs cultures et leurs différences d’organisation. Tout ceci dans le but d’organiser l’offre de soins et d’offrir un meilleur service à la population.

Les petits hôpitaux se posent alors la question de leur avenir alors que la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, annonçait en 2016 : «  Nous recevons de nombreuses propositions de petits hôpitaux qui veulent maintenir tous leurs services. Ce n’est pas la meilleure manière de garantir la qualité des soins.»

Que deviendront les petits hôpitaux face aux enjeux de la mise en réseau ?

Jean-François Bodarwé, porte-parole de l’Unessa, UNion En Soins de SAnté, commence par rappeler qu’un petit hôpital est un établissement possédant moins de 250 lits. Selon lui, trois scénarios sont possibles pour le futur de ces structures :

  • Ceux qui sont isolés pourront garder des activités de proximité utiles à la population et renverront les patients vers les grands hôpitaux pour des interventions plus importantes.
  • Ils joueront un rôle complémentaire pour les grands hôpitaux proches en s’hyperspécialisant.
  • Pour certains de ces petits hôpitaux il pourrait y avoir un mix de ces deux solutions.

Toujours selon Jean-François Bodarwé, il n’y aura pas de risque de fermeture d’hôpitaux à court terme.

Philippe Leroy, directeur général du CHU Saint-Pierre déclare que pour lui il n’y a déjà plus de petits hôpitaux à Bruxelles car ils font tous partis de structures plus importantes. Selon lui, leur problème réside surtout dans leur manque de poids dans les négociations, il est difficile pour eux de répondre aux impératifs de qualité et de coût de fonctionnement.

Et pour le patient, quels seront les impacts des changements sur les petits hôpitaux ?

D’après Etienne Wéry, administrateur délégué du réseau Iris, la mise en réseau peut être bénéfique pour le patient si la pathologie à traiter est rare. Il explique cela par le fait que certains hôpitaux ont connu trop peu de cas similaires pour s’en occuper en toute sécurité, rassembler toutes les pathologies rares et difficiles à traiter peut donc amener à une meilleure offre de soins.

Il souligne cependant que ces cas représentent seulement 5 à 10% des admissions dans les hôpitaux, c’est la raison pour laquelle, selon lui, la mise en réseau ne doit pas être l’occasion de fermer des services accessibles facilement et avec de vrais avantages pour la population.