La mise en réseau des hôpitaux : passer d’une logique de concurrence à la collaboration des établissements de santé

Mise en réseau : de la concurrence à la collaboration

Pascal Mertens, s’exprimant au nom de la direction du CHR Sambre et Meuse, confiait sur RTBF que rien ne changerait pour le patient d’ici au 1er janvier 2020 et que ces changements seraient progressifs. Pour lui la réforme de mise en réseaux des hôpitaux est un bénéfice pour le patient puisque les hôpitaux sortent de leur logique de concurrence afin de collaborer.

C’était ce que la ministre Maggie De Block précisait lors de l’approbation du projet de loi, en rappelant que ce modèle de concurrence a permis jusqu’ici de propulser la qualité des soins proposés mais qu’il a atteint ses limites aujourd’hui.

 

Les arguments de la ministre sont les suivants : pour la Belgique, il est devenu intenable que chaque hôpital propose tous les traitements car suite aux investissements en personnel, en appareils et en infrastructures, plusieurs d’entre eux n’ont pas assez de patients pour être rentables et les moyens investis auraient pu l’être dans une offre de soins plus utile au patient.

 

En organisant l’offre au niveau des réseaux et non plus au niveau des hôpitaux individuels, les investissements pourront être réalisés plus durablement.

 

Enfin, la collaboration devrait également amener à une augmentation de la qualité des soins car les soins de proximité n’étaient pas forcément les plus adaptés. En créant des réseaux, le patient pourra accéder au bon soin, au bon moment et par le bon professionnel de santé.

Quelle répartition de l’offre de soins est prévue ?

Chaque réseau sera responsable de l’organisation de son offre de soins. Ce qui est prévu est que chaque hôpital pourra dispenser des soins généraux courants et de passer des accords entre eux pour les offres de soins spécialisés (maternité, cardiologie,…)

Tous les hôpitaux ne proposeront plus tous les soins mais tous les réseaux devront en revanche proposer chacun des soins spécialisés au sein de leur groupement hospitalier.

L’accès aux soins sera-t-il plus compliqué ?

C’est l’une des principales craintes de cette logique de mise en réseau des hôpitaux : que la vie des patients se complique d’un point de vue logistique puisque tous les soins ne pourront plus se faire partout, qui aurait pour conséquence un recours accru aux transports par ambulance pour aller d’un site à l’autre.

Cependant, cela dépendra évidemment du volume d’activités transférées d’un hôpital à l’autre et il faut prendre en compte que le patient, s’il doit se déplacer plus loin, aura alors accès à un niveau de soins bien supérieur.

De plus, la ministre Maggie De Block veut favoriser l’hospitalisation à domicile afin de soulager les hôpitaux de différentes prestations médicales.

Une bonne chose même si l’Union générale des Infirmières de Belgique insiste pour que les acteurs du soin à domicile et les institutions de soins extra-hospitaliers soient encore mieux pris en compte dans la construction et la gestion de ces réseaux.