A l’hôpital : des dossiers patients informatises encore incomplets

Des dossiers patients informatisés encore incomplets

Le monde hospitalier figure parmi les premiers producteurs de données de santé. Il a atteint, en France, un taux de maturité numérique de 60 à 70% si l’on s’en tient à l’indicateur du Dossier Patient Informatisé (DPI). L’Atlas des SIH 2018 montre en effet que l’informatisation du DPI est achevée dans quelque 7 établissements sur dix et précise qu’elle est engagée dans 26% de plus.

Mais le DPI reste incomplet dans la mesure où les prescriptions et résultats d’examens n’y sont pas toujours rattachés.

Résultats biologiques et prescriptions ont les meilleures performances

Résultats biologiques et prescriptions de médicaments connaissent les meilleures performances d’intégration : celle-ci est achevée, côté biologie, pour les deux tiers des établissements, tandis que 71% d’entre eux ont fini par informatiser la prescription de médicaments.

En revanche, 42% seulement ont réalisé l’intégration des résultats d’imagerie au DPI (26% annoncent être en cours).

L’Atlas 2018 constate cependant que le développement du système d’information d’imagerie est achevé à plus de 80% en moyenne ; l’informatisation des laboratoires de biologie est, pour sa part, une réalité dans 90% des établissements.

Défi d’interopérabilité : faire communiquer les logiciels entre eux

Véritable défi d’interopérabilité intra établissement, un hôpital peut recenser, selon l’ampleur de ses activités, de 40 à 350 applications différentes. De plus, la fragmentation du marché des logiciels reste élevée : l’observatoire Relims dénombrait en effet 317 sociétés en 2018 (16 de plus qu’en 2017), commercialisant 864 logiciels (24 de plus en un an). La concentration a toutefois tendance à s’accélérer avec une amplification récente des fusions acquisitions des différentes entreprises du secteur.

Le challenge du dialogue des systèmes d’information inter établissements au niveau territorial ne s’annonce pas moins délicat quand on sait que chaque domaine métier et/ou de spécialité médicale peut offrir le choix entre 30 à 40 logiciels différents.

L’Atlas des SIH relève ainsi que « le plus souvent, le dossier médical est un assemblage de plusieurs briques logicielles », les dossiers de spécialités utilisant des logiciels spécifiques qui ne sont pas ceux utilisés pour le DPI. Il recense par exemple 31 applications en réanimation, 45 en anesthésie et 46 pour les dossiers transfusionnels.

Si l’on ajoute les urgences et la gestion des prescriptions, on voit que l’assemblage du puzzle demande une certaine expertise !